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À la pointe de la recherche européenne dans les domaines de la microélectronique et des micro et nanotechnologies, partenaire majeur du monde industriel, initiateur de MINATEC®, le CEA-Leti joue un rôle incontournable sur la scène internationale. Rencontre avec son directeur, Laurent Malier. 
 
Le CEA-Leti vient de signer un accord de coopération avec IBM dans les domaines des semi-conducteurs et de la nanoélectronique. Qu’est-ce qui a motivé son implication?

 
Cet accord de coopération consolide l’attractivité du pôle grenoblois et fait du Leti le seul institut de recherche au sein de l’Alliance IBM qui regroupe les dix industriels majeurs de la microélectronique. Dans ce domaine, les efforts portent aujourd’hui sur le développement des technologies CMOS pour la production de microprocesseurs et de circuits intégrés en technologie 32 et 22 nm. Or, seules quelques grosses structures sont capables de le faire dans le monde. Le modèle qui prévaut actuellement est donc celui de l’Alliance. C’est aussi celui qui bénéficie le plus directement aux industriels français et européens car il leur donne accès aux acteurs décisifs du semi-conducteur implantés aux Etats-Unis et qui rayonnent mondialement. Nos axes de recherche au sein de cette Alliance porteront sur de nouveaux types de transistors basse consommation basés sur la technologie SOI.

Une internationalisation du CEA-Leti nécessaire à vos yeux ?
 
Plus une structure est importante, plus elle doit être ouverte. Pour faire des capteurs on a besoin de technologies très différentes. Il faut admettre qu’on ne peut pas tout savoir faire et que chaque institut à ses spécialités. Notre démarche s’inscrit donc de plus en plus dans la mise en commun des savoirs et des savoir-faire. Cela suppose néanmoins de concilier ouverture à l’international… et attractivité du territoire ! Le Leti travaille par exemple depuis 2007 en partenariat avec l’institut de recherche californien Caltech autour de l’intégration à très large échelle des nanosystèmes (alliance VLSI). Ce partenariat associe des physiciens spécialisés dans les nano-structures, des spécialistes des microsystèmes, des technologies silicium pour une collaboration qui ira jusqu’au transfert industriel. Des compétences complémentaires allant de la recherche fondamentale à la recherche pré-industrielle !
 
Le CEA-Leti a fêté l’année dernière son quarantième anniversaire. Quelles sont ses perspectives de développement ?
 
Nos recherches se développent notamment dans le domaine de la santé et de l’environnement, particulièrement en matière de diagnostic et de traitement. Cet axe de recherche répond à une demande sociétale forte. Le Leti travaille également sur tous les composants de la chaîne de l’image (capture, stockage, transfert, visualisation). C’est en Grenoble-Isere que se trouve la plus grosse concentration d’acteurs autour des composants pour l’image de France ! Les perspectives sont nombreuses dans ce domaine avec l’intégration du logiciel. La microélectronique embarquée représente aussi un axe fort de notre développement, notamment auprès des industries traditionnelles. Enfin, les nouvelles technologies de l’énergie sont un domaine en très forte expansion et pour lequel nous avons un rôle majeur à jouer, notamment en matière de miniaturisation des composants pour objets portables et d’énergie embarquée.
 

 Source : Grenoble-Isère Report (AEPI) - June 2009

Amorcé en 2008, le programme de R&D Nano 2012, qui associe les centres R&D d’IBM à Fishkill et Albany (état de New York, USA), STMicroelectronics et le CEA Leti, est définitivement lancé depuis la signature en avril dernier de la convention cadre précisant les objectifs du programme et les engagements de chacun des partenaires. Nano 2012 est un programme de coopération qui vise à développer l’avance technologique et la compétitivité du bassin grenoblois dans le nouveau contexte mondial de l’industrie du semi-conducteur et à conforter sa position de leader dans le développement des technologies CMOS (32 et 22 nm) et des technologies dérivées pour systèmes sur puce (mémoires embarquées, dispositifs analogiques/RF,…).

Avec un budget de R&D de 2,3 milliards d’euro et de 1,25 Md$ pour l’investissement matériel sur cinq ans, Nano 2012 représente l’un des plus gros projets industriels français. Il est largement soutenu par l’Etat et les collectivités territoriales qui participeront à hauteur de 457 millions d’euro. La concrétisation de ce projet fait du département de l’Isère le centre mondial de développement de la nanoélectronique du future avec un potentiel de création de 650 emplois dans le bassin grenoblois. En 10 ans, ce sont plus de 6 Md€ investis dans la micro et nano-électronique en Grenoble-Isere !

Source : Grenoble-Isère Report (AEPI) - June 2009

 

Financé par les collectivités territoriales et l’Etat à hauteur de 42,2 M€, le nouveau pôle de recherche NanoBio qui associe le CEA et l’université Joseph Fourier, confirme la percée de l’agglomération grenobloise dans le domaine des sciences du vivant.

Pôle d’innovation dans le domaine des micros et nanotechnologies appliquées à la biologie et à la santé, NanoBio rassemblera quelque 300 chercheurs répartis sur trois sites : Nanobio UJF dont la première pierre a été posée en mars, le Pôle Santé du CHU de Grenoble et Nanobio CEA dont la construction s’achève, sous maîtrise d’ouvrage de Grenoble-Alpes Métropole, sur le polygone scientifique de Grenoble.

Au carrefour de la recherche fondamentale, du développement et du transfert de technologie, NanoBio vise à prendre une position de leader au niveau européen dans le domaine des nanobiotechnologies en croisant les avancées des micro et nanotechnologies avec la forte progression des sciences du vivant. Il couvre trois grands secteurs de recherche (les nanomatériaux et nanostructures ; l’imagerie moléculaire ; la chimie et les nanosystèmes) afin de fournir des outils miniaturisés pour le diagnostic médical, la thérapie et la surveillance de l’environnement. Travaillant en synergie avec Minatec, Biopolis, Minalogic et LyonBiopôle, NanoBio veut également jouer un rôle important dans la création de start-ups et le renforcement de partenariats avec l’industrie.

Lettre de l'AEPI - Avril 2009

Plus d'information sur NanoBio : www.nanobio.fr

La France va mettre en place une stratégie d'innovation pour les nanotechnologies. Les centres CEA de Saclay et de Grenoble y joueront un rôle déterminant. CEA/Inac
Le président de la République a annoncé un doublement des crédits de recherche sur les nanotechnologies et mise sur le développement de clusters à Saclay, Grenoble et Toulouse.

A l’occasion des premières assises européennes de l’innovation, organisées mardi 9 décembre à la Cité des Sciences,  Nicolas Sarkozy a déclaré que l’effort financier de la France dans la recherche sur les nanotechnologies passera à 350 millions d’euros en cinq ans, afin de placer la France « à la pointe » de ce secteur.

Les sites de Saclay (triangle de la physique) et de Grenoble (pôle d’innovation Minatec), où le CEA concentre ses recherches en nanosciences et en nanotechnologies seront directement concernés par cet effort important d’investissement dans l’innovation. De même que la région de Toulouse où travaillent les chercheurs du Lass (CNRS).

La recherche sur les impacts pour la santé et l’environnement des nanotechnologies a également été citée par le chef de l’Etat, qui sera financée dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.

LE CEA ET LES NANOTECHNOLOGIES

Le CEA est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs de la recherche européenne dans le domaine des nanotechnologies. Engagé dans la course mondiale à la miniaturisation de l’électronique, il a ainsi établi, en 1999, le record mondial du plus petit transistor (20 nanomètres). Avec l’Institut national polytechnique de Grenoble (INPG), le CEA est à l’origine du pôle Minatec®, premier centre européen, et l’un des premiers mondiaux, dédié aux micro-nanotechnologies. Les programmes de recherche de Minatec s’inscrivent dans la continuité des travaux menés depuis 40 ans par les chercheurs du CEA Léti (Laboratoire d’Electronique et de Technologies de l’Information) dans le domaine de la microélectronique.

Aujourd’hui, ce sont près de 1 900 chercheurs qui travaillent au CEA à l’échelle du nanomètre (soit un milliardième de mètre). Nanosciences et nanotechnologies constituent un nouveau socle de l'innovation pour chacun des domaines dans lequel travaille le CEA. Les applications potentielles de ces recherches sont nombreuses, à commencer par le domaine de la santé, avec des bénéfices attendus en termes de diagnostic et de traitements. Les nanomatériaux permettront aussi de réaliser des avancées majeures dans les nouvelles technologies de l’énergie (solaire photovoltaïque, piles à combustible, etc.), les puces miniaturisées et intelligentes apporteront de nouvelles fonctionnalités dans l’automobile, l’aéronautique, les télécommunications, le multimédia grand public, etc.

Enfin, compte-tenu des activités de fabrication, de manipulation, et de caractérisation de nano-objets, notamment pour le secteur des nouvelles technologies de l’énergie, le CEA travaille depuis plusieurs années sur la sécurisation des procédés de production des nanomatériaux, dont une partie des recherches est conduite dans un cadre européen ; mais aussi, à la protection des personnels et de l’environnement potentiellement amenés à rentrer en contact avec des nano-objets (nanoparticules, nanopoudres).

Pour en savoir plus  sur l'implication du CEA dans les nanotechnologies et les nanosciences

  • Le communiqué de presse "L’INERIS et le CEA s’associent pour mieux évaluer les risques liés aux nanoparticules"
  • Le dossier "Nanosafe : recherche sur la production et l’utilisation sécurisées des nanomatériaux"
  • L'actualité "Inauguration de la fondation nanosciences"

A consulter :

  • Le discours prononcé par le président de la République à l'occasion des premières assises européennes de l'innovation

 

Porté par STMicroelectronics, IBM et le CEA, le programme Nano 2012 - qui va prendre la suite de Crolles2 - bénéficiera des deux tiers de l'enveloppe de 565 M€ que l'Etat va investir dans les cinq prochaines années au profit de la filière nano-électronique française.
Ce programme, qui va faire du bassin grenoblois un centre de compétences mondial pour certaines technologies stratégiques de l'industrie des semi-conducteurs, comporte une double dimension avec un volet de recherche-développement et un volet industriel. Le total des investissements de l'Etat, des collectivités locales et des partenaires industriels sera au moins de 1,25 Md$ et permettra de faire passer la capacité de production du site de Crolles de 2 800 à 4 500 plaques de silicium en 300 mm par semaine. Les dépenses en R&D atteindront les 2,5 Md€. Nano 2012 se traduira par la création de quelque 650 emplois directs sur Crolles et Grenoble.
Des chiffres qui expliquent l'engagement des collectivités locales dans cet immense projet industriel, encore plus ambitieux que Crolles2 : c'est ainsi que le Conseil général de l'Isère subventionnera Nano 2012 à hauteur de plus de 57 M€ tandis que la Région Rhône-Alpes prévoit d'y investir environ 40 M€.
 
Télécharger les discours et voir les photos de la journée (site Minalogic)
 
Lire aussi :
- Nano 2012, encore plus de 3 Md€ d’investissements envisagés en Isère
- Pôles de compétitivité : visite du Premier ministre à Minalogic

Minatec Mini Agenda

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