Thèse à Grenoble pour concevoir et développer des cellules à base de nanofils de ZnO enrobés par une coquille semiconductrice absorbante
Le sujet
Dans un contexte environnemental de plus en plus critique, un nombre croissant de travaux portent sur l’étude des matériaux pour l’énergie. Dans le domaine des cellules solaires, la conversion photovoltaïque est un procédé très attractif pour la fourniture d’énergie propre et renouvelable. L’industrie du photovoltaïque connaît depuis plusieurs années une croissance forte marquée par la prépondérance de cellules solaires de première génération employant du silicium massif et de seconde génération faisant usage de couches minces réalisées essentiellement à base de semiconducteurs à gap direct tels que CdTe, CdS ou CIGS. Toutefois, afin que le photovoltaïque demeure compétitif, le coût d’une cellule solaire doit continuer à diminuer tout en augmentant son rendement.
Dans ce contexte, l’apport des matériaux nanostructurés sous forme de nanofils apparaît très prometteur. En utilisant une jonction radiale entourant le nanofil (i.e. dite coeur‐coquille), il est possible de séparer l’absorption de la lumière (liée notamment à la longueur du nanofil) de la collecte des porteurs de charge (qui dépend du diamètre des nanofils). Un matériau nanostructuré a donc la capacité de piéger la lumière en son sein, améliorant ainsi l’absorption dans la structure par rapport à celle d’une couche planaire. En outre, la collection des porteurs de charges peut être bien plus efficace du fait d’une qualité cristalline optimale des nanofils présentant une densité de défauts réduite ainsi que de distances de collecte très inférieures. Il faut noter que des cellules solaires nanostructurées ont une épaisseur de quelques centaines de nanomètres qu’il faut comparer à la bonne centaine de microns pour le silicium. Par ailleurs, sur un plan plus fondamental, les hétérostructures semiconductrices sont l’objet de nombreuses études en raison de la grande richesse de leurs propriétés physiques.
Le LMGP et le SIMaP ont déjà une expertise et collaborent ensemble sur la réalisation de cellules solaires à base de nanofils coeur‐coquille [1‐4].
[1] V. Consonni, G. Rey, J. Bonaimé, N. Karst, B. Doisneau, H. Roussel et al., Appl. Phys. Lett. 98, 111906 (2011).
[2] E. Puyoon G. Rey, E. Appert, V. Consonni et D. Bellet, J. Phys. Chem. C 116, 18117 (2012).
[3] S. Guillemin, V. Consonni, E. Appert, E. Puyoo, H. Roussel, and L. Rapenne, J. Phys. Chem. C 116, 25106 (2012)
[4] J. Michallon, M. Zanuccoli, A. Kaminski‐Cachopo, V. Consonni et al., Mater. Sci. Eng. B 178, 665 (2013)
Objectif de la thèse
Cette thèse a pour but de concevoir et de développer des cellules à base de nanofils de ZnO enrobés par une coquille semiconductrice absorbante qui se démarquera des matériaux traditionnels utilisés comme CdTe, CdSe ou CIGS. Le sujet de thèse sera centré sur la sélection, l’élaboration par voie chimique et la structuration de la coquille semiconductrice absorbante. Des techniques de caractérisations structurales, électriques et optiques seront utilisées telles que la microscopie électronique à balayage et en transmission, la diffraction de rayons X, la spectrophotométrie, la spectroscopie Raman, la photoluminescence ou encore des mesures par effet Hall. Le travail sera de nature essentiellement expérimentale : toutefois, un travail simple de modélisations visant à mieux comprendre les mécanismes de croissance et les processus physiques opérant aux interfaces sera envisageable. Enfin, la fabrication de cellules solaires à base de ces hétérostructures sera menée au sein du LMGP et bénéficiera d’une collaboration avec le LEPMI‐MOPS pour la prise de contact en face arrière du dispositif. Des caractérisations électriques classiques en termes de performances photovoltaïques seront menées en collaboration avec l’IMEP‐LAHC.
Lieu
Le candidat travaillera à Grenoble au sein du Laboratoire des Matériaux et du Génie Physique (LMGP) et du Laboratoire de Science et Ingénierie des Matériaux et Procédés (SiMaP) en forte collaboration avec d’autres laboratoires grenoblois (IMEP‐LAHC, LEPMI, CEA‐Grenoble, Institut Louis Néel,…).
Site web des laboratoires :
http://www.lmgp.grenoble‐inp.fr
http://www.simap.grenoble‐inp.fr
Ecole Doctorale concernée : IMEP2.
Financement
Bourse de thèse financée par le LABEX CEMAM.
Le Profil
Le candidat recherché est diplômé de grande école, d’école d’ingénieurs et/ou de Master 2R dont la formation est axée principalement sur la physico‐chimie des matériaux, la science et le génie des matériaux et la physique du solide. Des aptitudes pour le travail en équipe et l’expression en anglais orale et écrite seront appréciées. Nous recherchons des candidats dynamiques, motivés et intéressés par le travail de recherche en laboratoire.
Contacts
Estelle Appert - Tel : 04 56 52 93 30 ; 04 76 82 65 19
LMGP, 3 Parvis Louis Néel, Grenoble INP, MINATEC, BP 257, 38016 Grenoble cedex 1.
SIMAP, 1130 rue de la piscine, Grenoble INP, Domaine Universitaire, BP 75, 38402 St Martin d'Hères.
Vincent Consonni - Tel: 04 56 52 93 58.
LMGP: 3 Parvis Louis Néel, Grenoble INP, MINATEC, BP 257, 38016 Grenoble cedex 1.